Guide du mixage, troisième chapitre, la compression.

Mis à jour : avr. 9


Bonjour, aujourd'hui nous allons entamer le troisième chapitre du guide du mixage, pour ceux qui n'auraient pas lu les deux premiers chapitres, voici les liens : Premier chapitre, gain staging. Deuxième chapitre, l'égalisation. Dans ce troisième chapitre nous allons parler du compresseur, un outil vraiment essentiel dans le processus de mixage, mais assez difficile à appréhender. Étape 4 : La compression Maintenant que vous avez un mix qui est assez bien équilibré au niveau du volume et de l'égalisation, il va falloir commencer à travailler sur la dynamique, une étape assez compliquée. Il y a 1 000 façons d'utiliser un compresseur, bien régler il sublimera vos mixs, mal réglé il pourra tuer la dynamique des prises, il faut donc faire très attention lorsqu'on les utilise. Le rôle principal d'un compresseur est de permettre à l'utilisateur de contrôler la dynamique du signal, pour ce faire nous disposons de plusieurs paramètres : Les différents paramètres du compresseur : - Le seuil (en dB) Ce paramètre définit le niveau à partir duquel le compresseur va intervenir. Tant que le signal en entrée reste en dessous de ce seuil, le compresseur n'agira pas et aucun traitement ne sera appliqué. Si le signal dépasse ce seuil, le compresseur entre en action. À noter que certains compresseurs ne possèdent pas de réglages de seuil, dans ce cas le seuil est fixe est un réglage du niveau d'entrée et de sortie nous permet de choisir à quel moment le compresseur rentre en action. -Le ratio

Le ratio détermine l'importance de la réduction de niveau appliqué au signal dépassant le seuil, selon le compresseur le ratio peut varier de 1:1 à infini:1. Avec un ratio de 1:1 aucune compression n'est appliquée, avec un ratio de 2:1, le niveau du signal d'entrée sera divisé par deux lorsqu'il dépassera le seuil. Quand le ratio est de infini:1, le compresseur se comporte comme un limiteur, c'est-à-dire que le signal de sortie ne dépasse jamais le seuil. - Le temps d'attaque (en ms) L'attaque correspond au temp que va mettre le compresseur pour se mettre en action au moment où le signal dépasse ce compresseur, par exemple avec une attaque de 10 ms le compresseur va attendre 10 ms avant d'agir au moment où le signal dépasse le seuil. À noter que certains compresseurs (comme le célèbre LA2A), possèdent un temps d'attaque fixe, ce qui le rend moins polyvalent. - Le relâchement (en ms) Le relâchement correspond au temp que va mettre le compresseur pour revenir au ratio de 1:1 quand le signal repasse en dessous du seuil. Un relâchement rapide permet de conserver le caractère du signal d'origine, un relâchement plus lent peut renforcer le sustain du signal. Certains compresseurs (comme le célèbre LA2A), possèdent un temps de relâchement qui varie de manière autonome en fonction de la réduction de gain, cela permet de rendre la compression plus transparente et d'éviter les sensations de "pompage". - Le knee (genoux)

Ce paramètre détermine la montée en compression, c'est-à-dire la transition entre le moment ou le compresseur ne travaille pas encore et le moment ou il se met en action. Beaucoup de compresseurs offrent deux réglages possibles, "soft knee" pour une transition progressive ou "hard knee" pour une transition brutale. Ce paramètre nous permet de moins entendre le moment ou le compresseur se met en route. - Le gain de sortie (en dB) Il s'agit d'un gain en sortie de compresseur qui nous permet de compenser le niveau de sortie par rapport au niveau d'entrée, concrètement si vous avez compressé votre signal de 3dB, il convient de rajouter 3db de gain en sortie pour que le signal garde le même niveau qu'en entrée. Attention certains compresseurs comme ceux de Logic Pro par exemple, possède une compensation de gain automatique qui s'active dès l'ouverture du plugin, il est préférable de la désactiver pour garder le contrôle sur ce paramètre. Il est important de compenser la perte de niveau du compresseur, afin de pouvoir écouter son action via le bouton by-pass. Si vous essayer de comparer un signal avec des niveaux différents, votre écoute sera faussé puisque l'oreille n'a pas la même courbe de réponse en fréquence selon le niveau, est un signal plus fort sera toujours plus flatteur, il est donc vraiment essentiel de comparer un signal avant et après compression au même niveau d'écoute !!! Cas pratique : Maintenant que l'on a vu les différents paramètres du compresseur, voyons ensemble les 3 principales utilisations d'un compresseur : La première raison d'insérer un compresseur c'est de vouloir écrêter un signal qui a de très grandes dynamiques comme une caisse claire par exemple, pour ce faire on va utiliser un compresseur extrêmement rapide comme le célèbre 1176 qui a un temps d'attaque réglable entre 20 et 800 microsecondes, ce qui est extrêmement rapide ! Grâce à ce compresseur on peut écrêter le signal de quelques dB pour éviter les pics de saturation. Voyons ensemble un exemple concret avec une caisse claire compressé via un 1176 avec l'attaque au minimum soit 20 microsecondes et la compression réglée pour environ 4 db de réduction de gain :


La deuxième raison d'utiliser un compresseur c'est de vouloir niveler les nuances de jeu du musicien, à moins d'être vraiment très expérimenté, un batteur ne va pas taper à chaque fois avec la même intensité, et cela va se traduire par un niveau de caisse claire différent à chaque coup, ce qui peut être parfois inconfortable à écouter. Attention tout de même aux nuances volontaires du musicien !

On va donc utiliser un compresseur qui va niveler ces différences de jeux, avec cette fois-ci un temps d'attaque un peu plus long, disons 10 ou 30 ms par exemple, on peut utiliser par exemple le SSL Gcomp qui possède un réglage de temps d'attaque par cran, avec des valeurs qui marchent dans 90% des cas de figure, ce qui est assez pratique. Voyons ensemble un exemple concret avec une caisse claire compressé via un SSL G COMP avec l'attaque au maximum soit 30 millisecondes et le seuil réglé pour environ 4 db de réduction de gain :

La troisième raison d'utiliser un compresseur c'est de vouloir produire ou grossir le son, pour cela il existe de nombreuses techniques, une des plus courantes c'est de faire ce que l'on appelle de la compression parallèle. Pour cela il faut dupliquer notre source sur deux pistes, la première sans compression, et la deuxième avec une compression un peu violente (disons 15 db de compression), et ensuite on mélange les deux pistes jusqu'à obtenir le résultat souhaité. Certains compresseurs comme le distressor de chez UAD possède un bouton Dry/Wet qui permet de mélanger le signal compressé et le signal non compresseur ce qui s'avère très pratique pour faire de la compression parallèle.

Voyons ensemble un exemple concret avec une caisse claire compressé via un UAD Distressor avec l'attaque au maximum, le relâchement au minimum, le seuil réglé pour environ 15 db de réduction de gain et le Dry/Wet à 50%.


Cette technique permet de garder les transitoires intacts grâce à la première piste, et de booster les harmoniques et les sons faibles (comme la room) de la prise, grâce à la deuxième piste (celle très compressée). Attention toutefois à ne pas trop en abuser par ce que cela augmente considérablement le niveau RMS de la piste et ainsi le niveau RMS aussi du morceau ce qui peut donner un mix trop compressé et fatiguant à l'écoute. Evidement il est possible d'utiliser ces trois techniques à la suite, il est toujours plus judicieux de compresser une source de 3dB avec trois compresseurs différents plutôt que de la compresser de 9 db sur un seul compresseur. Voyons ensemble le cas d'une prise de voix compressée à l'aide de 3 compresseurs avec des réglages différents :

Quelques conseils : Comment réglé un compresseur ? Chercher le passage ou la piste en question joue le plus fort, faites une boucle sur ce passage, choisissez votre attaque (courte, moyenne ou lente), mettez un release proportionnel à votre attaque, commencez avec un ratio de 2:1, maintenant baisser votre seuil doucement jusqu'à obtenir 5 dB de compression, ensuite rajoutez 5 dB de compensation de gain, puis prenez le temps d'écouter l'action du compresseur sur votre piste en actionnant le bouton by-pass. Ajustez ensuite tous les paramètres de votre compresseur en fonction du résultat souhaité. Comment savoir si une piste n'est pas assez compressée ? Pour savoir si votre piste n'est pas assez compressée, il faut l'écouter en contexte et remarquer si cette piste se retrouve parfois trop en avant dans le mix et parfois trop au fond, si pendant la phase de mixage vous avez envie de baisser le volume de cette piste, puis quelques mesures plus tard vous avez envie de le remonter c'est que peut-être que votre piste manque un peu de compression. Comment savoir si une piste est trop compressée ? Une piste trop compressée s'entend par le fait que les nuances du musicien sont complètement tenues par le compresseur, la piste ne respire plus du tout, de la distorsion harmonique apparait, le résultat n'est plus du tout naturel à l'écoute, attention toutefois dans certains cas cet effet peut être voulu et recherché mais pour cela il est essentiel de le savoir et de le maitriser. Un mix trop compressé est fatiguant à écouter surtout à un volume sonore élevée. - Le side-chain Les compresseurs analogiques possèdent souvent une entrée side-chain, cette entrée permet de contrôler la compression du signal via un autre signal. Cela peut être extrêmement pratique pour éviter les effets de masquage fréquentiel ou bien pour créer des effets de pompage artistique. Un exemple simple est de compresser une piste de basse avec la grosse caisse en side-chain, cela veut dire qu'à chaque coup de grosse caisse, la basse va être compressée, cela permet d'éviter que la basse ne masque la grosse caisse, puisqu'elle travaillent toutes les deux dans l'extrême grave. Un autre exemple de side-chain de production ce serait de compresser le delay appliqué sur la voix lead avec en side-chain la piste de la voix lead, de cette manière le delay est compressé quand le chanteur est en train de chanter, et a la fin de sa phrase le delay n'est plus compressé donc il ressort du mix, vous pouvez retrouver cet exemple expliqué en vidéo ci-dessous :

Étape 5 : Expandeur et gate La compression réduit la dynamique mais remonte les niveaux faibles et notamment la repisse, cela peut être gênant dans le cas d'une batterie par exemple, comme on l'entend dans les extraits, plus on compresse la caisse claire plus on entend la repisse du charleston. Cela peut parfois être gênant c'est pourquoi on peut avoir recours à un expandeur qui va à l'inverse du compresseur il va réduire les niveaux faibles d'une piste voir carrément les supprimer c'est alors ce que l'on appelle un gate (une porte). Personnellement en live j'utilise souvent un gate pour réduire la repisse mais en studio je préfère utiliser la fonction de Logic Pro appelé "éliminateur de silence". Cette fonction va rechercher dans votre piste les niveaux les plus faibles et muter la piste sur ces passage-là.

Comme un gate on possède un réglage de seuil, un réglage de pré-attaque, un réglage de temps de post-production (release). Personnellement je préfère utiliser cette méthode puisque cela est plus pratique qu'un gate et me permet ensuite de modifier le "release" en éditant les morceaux d'échantillons. Voilà un exemple avec une piste de tom basse :

Une fois la piste édité via la fonction "supprimer les silences" :

Avec un gate classique je n'aurais pas pu avoir ce résultat et le gate aurait été moins discret que cette méthode-là. Étape 6 : EQ post compression Si vous prêtez attention aux extraits de caisse claire que je vous ai mis plus haut, suivant le type de compression appliqué, le compresseur va non seulement changer son enveloppe dynamique mais il va également changer son timbre. On peut observer que la compression avec une attaque rapide renforce la frappe de la caisse claire, ce qui donne donne un timbre plus centré dans le haut médium, tandis que la compression avec une attaque plus lente, renforce la résonance du coffre de la caisse claire, donc un timbre plutôt centré dans le bas médium. Il est important d'être conscient de ces changements et parfois de les ajuster via un EQ post compression. Une technique assez pertinente à adopté serait de placer votre EQ de correction (celui qui travaille dans le négatif) avant le compresseur et de placer votre EQ de production (celui qui travaille dans le positif) après le compresseur. Ainsi les fréquences mises en avant ne seront pas directement impactées par la compression. En savoir plus sur l'influence de la position de l'eq par rapport au compresseur. Merci pour votre lecture, dans le prochain chapitre nous verrons l'utilisation des EQ dynamiques. Quatrième chapitre, l'eq dynamique. Bonne journée. Laurent

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